
Beezik est un projet ambitieux qui offre en téléchargement des titres contre publicité qui n’est pas sans rappeler Airtist.
Techniquement c’est simple, vous vous inscrivez et vous téléchargez : un clic, une vidéo de 10/15 secondes vous fait patienter pendant le téléchargement.
Et pourtant, Beezik marque des points face à la concurrence Ce n’est pas du côté « artistique » ou « musical » que se démarque Beezik mais la gestion de la pub. En effet, le site regorge d’astuces pour gagner plus avec la pub. Décryptage.Les points bonus
Le plus Beezik c’est d’abord des points qu’on accumule à chaque téléchargement. 30 points qui correspondent à 3 euros de réduction sur une palette de sites. Contrairement aux cartes de fidélité , pas besoin d’attendre x mois ou x montant pour le dépenser : en un clic on transforme ses points en bon de réduction.
Cette histoire de points permet de monter des partenariats avec des annonceurs et des sites de ventes en ligne. Chaque bon de réduction se traduit par une rentrée d’argent pour Beezik. Ce sont les achats sur les sites en ligne qui payent (une partie) de la musique.
Une idée en or. Donner de l’argent qui n’existe pas mais qui vous rapporte quand il est dépensé.
Pub Vidéo, valorisée au max
Deuxième ingéniosité, la pub vidéo. Elle est courte, dure le temps du téléchargement et est très bien valorisée par Beezik. On a 6 secondes pour cliquer sur un chrono en fin de vidéo. pour valider le téléchargement. Ainsi on valorise l’annonceur, le message a bien été vu.
Enfin, on choisit parmi 4 spots sa pub. Une pub choisit c’est aussi une pub vendue plus chère et une annonce « moins intrusive » pour l’internaute. Allociné est en négociation avec le site pour diffuser des Bandes annonces avant téléchargement. Bref, de belles perspectives pour ce secteurs de la publicité en ligne qui subit moins la crise.
Captif, efficace, valorisant, Beezik séduit déjà les agence de pub et les régies, avant même sa sortie. L’essai sera-t-il transformé ?
Le contenu
J’ai eu la chance de tester en ligne le service. L’interface est lisible, un peu de recommandation organise la home page avec une explication du service. Les coups de cœurs du site peuvent être “streamés” en intégral, bref, difficile de trouver des choses à redire à ce site.
À si, peut être, le contenu. Les ayant-droits sont payer mais impossible de connaître les conditions, les taux… C’est là que va se jouer une partie de la survie du site.
Côté offre, The Orchard, Naïve, Universal et EMI sont déjà là. Sony BMG est en négociation ainsi que label Because. La qualité est mise en avant avec des fichiers WMA à 192kb/s. Un petit catalogue qui ne demande qu’à grossir.
Pour compliquer les choses, les titres téléchargés sur les majors sont livrés avec… des DRM !
Pour les indés et les autoprods, là aussi, tout est possible. Le services est aussi disponible aux mêmes conditions (dit-on) que les majors. A suivre. Les ayant-droits sont payer, à voir si les relations SACEM / Beezik seront lisibles et efficaces.
Beezik réussit (sur le papier) là où les autres services financés par la pub ont échoué. Reste une inconnue : malgré une première levée de fond, combien faut il de téléchargement et d’utilisateurs à Beezik pour être viable ? Beezik ambitionne un million d’utilisateurs pour juin 2010. Un pari pas si irréalisable.
À son utilisation, Beezik est assez fascinant. Simple, ludique et gratuit pour l’utilisateur.
L’objectif de Beezik est simple, tailler des parts de marché au téléchargement illégale . L’équipe a fait le test : c’est plus simple et plus rapide de télécharger sur Beezik que sur Limewire.
On peut y voir un coup violent à la valeur de la musique ou une opportunité de rendre la musique légale sur Internet. C’est selon.
Quoi qu’il en soit, Beezik fera naître une polémique grossissant avec sa taille ou disparaîtra, c’est le prix de sa réussite.